Le monde médiatique et sportif en deuil
Marco Ibrahima Sory Bah : une figure disparaît
J’ai été transpercé d’une douleur encore vive lorsque le secrétaire général de la Fédération Guinéenne de Football, Ibrahima Blasco Barry, est venu m’annoncer, dans la soirée de ce samedi particulièrement affligeant, le brutal décès de mon frère et compagnon des premières heures de La Nouvelle Tribune, Ibrahima Marco Bah. J’ai eu l’honneur, avec Abdoulaye Sankara Abou Maco et feu Thierno Djo Diallo Bebel, de le baptiser dans le monde médiatique vers la fin des années 1990, début des années 2000.
Les souvenirs torturent mon esprit, mais l’émotion de la surprise et le chagrin du deuil me rendent totalement impuissant à relater le parcours de ce jeune frère et confrère respectueux, passionné de culture et de sport. Il a su apprendre avec sérieux et abnégation, au point de devenir un Grand NOM et une belle VOIX médiatique, mais aussi un dirigeant sportif respectable.
Je me souviens encore de son premier exercice professionnel, lorsque nous avions interviewé l’ambassadeur du Nigeria en Guinée. À cette époque, la première économie ouest-africaine, sous la présidence d’une junte dirigée par le Général Sani Abacha, était confrontée à l’embargo de la communauté internationale. Cet embargo avait conduit à l’exclusion du Nigeria des phases finales de la CAN 1996, disputées en Afrique du Sud, fraîchement affranchie de l’apartheid après 43 ans de suprématie blanche.
Ce jour-là, j’ai découvert un intervieweur pugnace et sans concession. J’ai compris que l’avenir dans la profession était tracé pour Ibrahima Marco Bah. Cependant, exigeant et visionnaire, il a su structurer ses compétences en s’investissant pleinement dans le monde culturel sous toutes ses composantes. À ce titre, il a offert à nos lecteurs de très belles pages d’informations culturelles durant plus d’une décennie.
Tout naturellement, après La Nouvelle Tribune, il a lancé un journal culturel, Podium Magazine. Reconnaissant, il m’a souvent désigné comme parrain des événements de distinction qu’organisait Podium Magazine. En mon absence, Ibrahima Sory Diallo Dbeck, qui fut son directeur des informations à La Nouvelle Tribune, m’a toujours représenté à ces cérémonies.
Son ascension dans le monde du sport et la confiance placée en lui par le président du Hafia FC pour occuper le poste de secrétaire général du premier club triple champion d’Afrique résultent de son amour et de son engagement pour tout ce qu’il entreprenait.
Récemment, en octobre et novembre 2024, j’ai encore eu l’occasion de l’apprécier à l’œuvre à Abidjan, lors des matchs du Syli National dans le cadre des éliminatoires de la CAN Maroc 2025.
Je perds un frère, et ma tristesse est infinie. Ibrahima Sory Bah Marco était une bonne personne. Il nous quitte sans bruit, sans souffrir ni faire souffrir personne.
En cette circonstance douloureuse, j’ai une pensée émue pour toute sa famille, ses anciens collègues de La Nouvelle Tribune, la famille du football guinéen, le président Kerfalla Camara KPC et tous les sportifs du Hafia FC.
Repos éternel à l’âme de mon frère Ibrahima Sory Bah Marco.
Amen.
Abdoulaye Condé