Kabakoudou révèle : « Après 30 ans de carrière, je vis toujours en location…Je n’ai pas de compte bancaire »
Il est l’un des visages les plus emblématiques de l’humour guinéen. Avec 30 ans de carrière, Sékouba Bangoura, alias Kabakoudou, continue de faire rire les Guinéens, tout en portant un regard lucide et émouvant sur sa propre vie. Invité de l’émission « Lampadaire » sur Kaback TV, ce vendredi 19 avril, l’artiste s’est livré sans filtre sur son parcours, ses sacrifices, et la précarité qu’il endure malgré la célébrité.
Dans cet entretien de plus d’une heure, Kabakoudou est revenu sur ses débuts à Kindia, son ascension à Conakry, ses productions artistiques, et surtout, sa réalité hors des projecteurs.
« Actuellement, je n’ai pas de maison à Conakry. Pour dire vrai, je vis en location, dans un trois chambres salon avec ma famille », a-t-il confié, avant de poursuivre : « Dieu fait ce qu’il veut. Il peut te donner la célébrité, mais pas forcément l’argent que les gens imaginent. Peut-être qu’un jour, quelqu’un fera quelque chose pour moi. En attendant, je remercie Dieu pour la santé. »
L’humoriste, devenu une référence dans le monde du spectacle guinéen, révèle ne pas posséder de compte bancaire : « Je n’en ai pas. Si je l’ouvre, où vais-je prendre l’argent pour y mettre ? »
Ensuite, Kabakoudou regrette l’absence de reconnaissance structurelle pour les artistes guinéens : « Normalement, pour tout ce qu’on a fait pour ce pays, on devrait être fonctionnarisés et payés à la fin de chaque mois. Mais cette réforme n’est pas encore instaurée chez nous. On ne doit pas nous abandonner. »
Au-delà de sa situation personnelle, l’humoriste exprime son inquiétude pour l’avenir de ses enfants : « J’ai six enfants – trois filles, trois garçons. Ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est comment leur assurer un avenir. En Guinée, le succès est éphémère. Quand tu es président, artiste ou célébrité, on t’applaudit. Dès que tu passes, on t’oublie. Moi, je veux juste pouvoir payer leur scolarité. Construire une villa, ce n’est pas ma priorité. Ce qui compte, c’est leur éducation, pour qu’ils puissent un jour servir ce pays comme je l’ai fait ».
Source : AvenirGuinée