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ÉDITO | Et si les promoteurs guinéens prenaient enfin leur place en Europe ?

Nos artistes conquièrent progressivement les scènes européennes. Nos musiciens remplissent des salles, notre musique rassemble la diaspora et notre culture gagne en visibilité. Pourtant, derrière cette réussite, une réalité devrait nous interpeller : la production de nos grands spectacles en Europe reste encore largement entre les mains de structures étrangères.

Pourquoi ?

Parce que nous n’avons pas encore suffisamment de promoteurs guinéens implantés et structurés en Europe, capables de maîtriser toutes les exigences liées à la production de grands concerts et festivals.

Azaya, Ans-T Crazy, Djely Kaba Bintou, Takana Zion et plusieurs autres artistes guinéens ont déjà foulé les grandes scènes européennes. Mais, dans plusieurs cas, la production de ces événements a été portée par des structures étrangères.

Il ne s’agit absolument pas de remettre en cause ces collaborations. Au contraire, elles sont nécessaires et peuvent être bénéfiques. Mais elles doivent nous pousser à nous poser une question fondamentale : quand allons-nous construire nos propres structures de production capables d’accompagner nos artistes à l’international ?

Le problème n’est pas le manque de talents. Le problème est le manque de structuration.

Obtenir les autorisations nécessaires, comprendre les réglementations, créer des sociétés conformes aux exigences européennes, maîtriser la billetterie, la communication, la logistique et la production : voilà le véritable chantier.

Et ce chantier doit devenir une priorité pour les promoteurs guinéens.

Il est temps de dépasser les querelles personnelles, les rivalités et les intérêts individuels pour penser à une industrie. Les promoteurs doivent pouvoir travailler ensemble, partager leurs expériences et unir leurs moyens. Les artistes et leurs managers doivent également prendre part à cette réflexion.

Les autorités guinéennes, de leur côté, pourraient accompagner cette dynamique à travers la formation, l’information, la mise en réseau et l’appui aux professionnels de la culture installés en Europe.

Notre ambition ne devrait plus être simplement de voir un Guinéen remplir le Zénith de Paris.

Notre ambition doit être de voir une structure guinéenne produire ce Zénith, une autre organiser la tournée, une autre assurer la communication, et toute une génération de professionnels guinéens bénéficier de cette économie.

Parce que la vraie émancipation de notre musique ne viendra pas uniquement de nos artistes.

Elle viendra aussi de notre capacité à bâtir une industrie autour d’eux.

Le talent guinéen existe déjà.

Il est maintenant temps de construire l’écosystème qui lui permettra de devenir une véritable puissance culturelle en Europe.

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