La troisième édition du Festival du Nimba se tiendra du 16 au 18 mai à Lille, en France. Cet événement culturel, devenu un rendez-vous incontournable pour la diaspora guinéenne en Europe, peine pourtant à obtenir le soutien des autorités guinéennes. À quelques jours de l’ouverture, l’absence d’implication de l’État se fait ressentir à tous les niveaux.
Le jeune et dynamique Daouda Conté, initiateur du projet et fondateur de la structure Africa Culture 224, mène un travail remarquable qui mérite d’être reconnu, salué et valorisé par les autorités culturelles guinéennes.
Le festival, qui tire son nom du “Nimba” — symbole de la fécondité et joyau du patrimoine culturel guinéen — vise à mettre en lumière la richesse artistique du pays. Il devrait naturellement figurer parmi les priorités du ministère de la Culture, du Tourisme et du Patrimoine historique, dirigé par Moussa Moïse Sylla. Mais à ce jour, aucune aide concrète n’a été apportée.
La situation contraste fortement avec celle observée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, comme la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Sénégal ou le Burkina Faso, où les États soutiennent activement les initiatives culturelles issues de leur diaspora.
Actuellement à Conakry, Daouda Conté poursuit ses démarches pour obtenir un parrainage officiel. En vain. Et pourtant, l’organisation d’un événement d’une telle envergure implique des coûts importants : transport, hébergement, restauration, logistique technique… Autant de responsabilités difficilement supportables sans l’accompagnement de l’État.
Malgré ces défis, le festival promet une programmation riche. Des artistes de renom comme Kemo Kanté, Petit Kandia, Fish Killa ou encore Habib Fatako sont attendus à Lille. Mais une question demeure : sans l’implication de l’État guinéen, l’édition 2024 du Festival du Nimba pourra-t-elle tenir toutes ses promesses ?