Sékou “Bembeya” Diabaté prend sa retraite : la légende guinéenne tourne la dernière page d’une carrière mythique
Après plus de six décennies d’une carrière monumentale, le maestro guinéen Sékou “Bembeya” Diabaté a officiellement annoncé la fin de son parcours musical. À 81 ans, le légendaire guitariste, surnommé “Diamond Fingers” pour la finesse de son jeu, quitte la scène, laissant derrière lui un héritage artistique inégalé.
L’annonce a été faite à Conakry, au cours d’une conférence de presse émouvante, durant laquelle l’icône du Bembeya Jazz National est revenue sur son parcours.
« Les sages disent que chaque chose a son temps. Pour moi, le moment est arrivé car j’ai déjà tout donné. J’espère que ces deux albums d’adieu trouveront une place dans vos cœurs. Merci », a déclaré le virtuose, visiblement ému.
Deux albums pour boucler une carrière légendaire
Avant de ranger définitivement sa guitare, Sékou “Bembeya” Diabaté a souhaité offrir un dernier présent à ses fans : deux albums d’adieu dont la sortie est prévue pour janvier 2026. Le lancement officiel se tiendra au Palais du Peuple de Conakry, un lieu symbolique où il avait autrefois fait ses premiers pas sur scène.
Le premier projet, intitulé Manguè, rend hommage au président Ahmed Sékou Touré, père fondateur de la nation guinéenne. Composé de 12 titres, cet album mêle mélodies nostalgiques et rythmes enracinés dans la tradition mandingue.
Le second, baptisé Merci mon Général, est un album 100 % acoustique de 10 morceaux, dédié au président Mamadi Doumbouya.
Selon son manager, Sékou Baron, seuls 500 exemplaires seront produits et mis en vente entre 500 000 et 1 000 000 GNF. Les bénéfices serviront à soutenir les œuvres sociales portées par l’artiste dans ses dernières années d’activité.
Un parcours hors norme
Autodidacte formé “à l’école de la tradition”, Sékou Diabaté s’est imposé dès les années 1960 comme le guitariste le plus influent d’Afrique de l’Ouest.
Son style, inspiré de la kora et du balafon, a révolutionné la guitare africaine, introduisant une signature sonore unique, reconnaissable dès les premières notes.
Pilier fondateur du Bembeya Jazz National, Sékou Bembeya a contribué à faire de cet orchestre un symbole de la modernité africaine post-indépendance. Le groupe a marqué des générations, alliant musique traditionnelle et modernité orchestrale.
Son surnom “Diamond Fingers” lui fut attribué en 1977 lors du Festac (Festival mondial des arts et de la culture noire) à Lagos, après une prestation exceptionnelle qui avait captivé le public et les critiques du continent.
Une légende qui entre dans l’histoire
Pour honorer son parcours et préserver sa mémoire, la guitare et la tenue de scène emblématiquede Sékou “Bembeya” Diabaté seront exposées au Musée National de Guinée. Une reconnaissance méritée pour un artiste qui a fait rayonner la culture guinéenne à travers le monde. Avec cette retraite, c’est une page d’or de la musique africaine qui se tourne. Mais son nom, son style et son empreinte resteront gravés à jamais dans la mémoire des mélomanes et dans le patrimoine culturel du continent.